eden-sur-seine

...transformer une inquiétude sentimentale en combat politique... organiser une grève mondiale des femmes en produisant un film pornographique ! Eden-sur-Seine, roman d'amour, politique, féministe et utopiste. Olivier Berthelot éditions punctum 2007

14 janvier 2007

le BarOurcq, ou comment sortir du mythe de la boboïsation de Paris

Le 19ème arrondissement a longtemps été un des derniers carrés de la résistance du Paris ouvrier. Et puis, l'inflation immobilière du Paris central à poussé les classes moyennes et moyennes-supérieures à découvrir en elles un goût insoupçonné jusqu'alors pour les explorations en terrae incognitae.  La nouvelle frontière des classes supérieures n'est pas encore le périphérique, mais très certainement le 19ème ( et le 20ème).

Et la droite parisienne de déplorer, avec un hypocrisie satisfaite, un phénomène de boboïsation de Paris.

Qu'est-ce qu'un bobo pour cette frange de la vie politique parisienne ? Une personne de classe moyenne, voir moyenne supérieure qui a le grave défaut de voter à gauche (on a jamais vu la droite parisienne déplorer l'embourgeoisement du 5ème arrondissement, par exemple...).

Donc ce que la droite dénonce lorsqu'elle parle de boboïsation, c'est l'ineptie que représente l'existence de catégories aisées votant à gauche. A ses yeux, quand on a de l'argent , on ne peut que voter à droite... parce que sinon, ça donne mauvaise conscience aux bourgeois.

D'un autre côté, une frange de la gauche de la gauche dénonce, à l'identique, l'existence d'un phénomène de boboïsation de Paris, exactement pour les même raisons, lorsque l'on y songe.

ça me fait penser à cette réplique adressée, dans Eden-sur-Seine par Gilles (des alternatifs) à Michel (vice président du Conseil Général) :

- Tu sais quoi, Michel ? Tu as typiquement la réaction d’un homme pour qui, être de gauche, n’est qu’une façon agréable d’être de droite...

- Je suis réaliste Gilles. C’est tout.

- Non, tu renonces à ton imagination, à ta volonté, c’est ça qui tue la politique. Ton réalisme, c’est la négation de l’idéal.

barOurcqEt le BarOurq, dans tout ça ?

Il s'y déroule un certain nombre de scène dans Eden. Celle-ci par exemple :

Une semaine plus tard, au lendemain d’une nuit limpide, Absinthe alla boire un café à la terrasse du BarOurcq, petit troquet du quai de Loire. Elle devait rencontrer Jules et l’équipe de plateau aux Studios à dix heures et elle voulait s’octroyer une plage de plénitude avant de basculer dans l’aventure. Elle pressentait qu’à partir de la première minute de tournage plus rien ne serait comme avant. La terrasse était déserte. Sur leurs canots, des rameurs matinaux donnaient une illusion d’Oxford aux berges du canal. Libération titrait :

« Eden-sur-Seine, canular ou nouvelle utopie ? »

OK, ça règle pas la question du rapport entre le BarOurcq et la nécessaire sortie du mythe de la boboïsation....

Eh, bien, c'est normal, car j'inaugure ce soir un post à suivre....

A bientôt, donc !

Olivier

 

Posté par eden66 à 21:35 - Vive le capitalisme - Commentaires [0] - Permalien [#]

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