eden-sur-seine

...transformer une inquiétude sentimentale en combat politique... organiser une grève mondiale des femmes en produisant un film pornographique ! Eden-sur-Seine, roman d'amour, politique, féministe et utopiste. Olivier Berthelot éditions punctum 2007

30 janvier 2007

l'anarchie comme alternative ?

Dans Eden-sur-Seine, j'ai cherché à démontrer que, pour peu que l'on le veuille, que l'on trouve un vecteur de mobilisation universel, alors, n'importe quelle contrainte peut être dépassée.
Et que donc le pouvoir politique peut, s'il veut s'en donner les moyens, arrêter d'invoquer les contraintes économiques, sociales et politiques pour expliquer que "Non, tout n'est pas possible".  Mon souhait est que "les politiques" arrêtent de se faire  porte-parole de leur incapacité à agir.

Crédibiliser l’impuissance à agir semble être devenu le paradigme de la vertu politique: "Je ne pourrai rien faire, vous pouvez donc me faire confiance".


Ce débat peut être illustré par l'extrait du roman ci-dessous :

Un peu plus loin, Jack Ralite regardait avec intérêt la jolie rousse qui avait abandonné Gabriel quelques instants plus tôt. Elle lui avait donné un livre. Jack lui fit signe.

- Viens que je te présente Anastasia. Elle devrait pouvoir nous aider dans notre projet édénique…

Ce fut Anastasia qui attaqua la première.

- Jack m'a raconté ta chimère amoureuse… Je ne crois pas que l'amour puisse être le moteur d'un changement de société. Je n'aime pas les histoires à l'eau de rose.

Jack tendit à Gabriel l'ouvrage que lui avait présenté Anastasia.

- Tiens, tu devrais le lire.

louise_michel_3Il prit le livre et l'ouvrit au hasard. … J'ai vu à l'œuvre mes amis de la Commune, si honnêtes qu'en craignant d'être terribles, ils ne furent énergiques que pour jeter leurs vies. J'en vins rapidement à être convaincue que les honnêtes gens au pouvoir sont aussi incapables que les malhonnêtes sont nuisibles. Il est donc impossible que la liberté ne s'allie jamais avec un pouvoir quelconque. Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c'eût été la Commune, composée d'hommes d'intelligence, de courage, d'une incroyable honnêteté. Le pouvoir, incontestablement, les annihila. C'est que le pouvoir est maudit, et c'est pour cela que je suis anarchiste. Songeur, il assimila cette profession de foi de Louise Michel et s'attarda un instant sur le couple qui lui faisait face. Jack se tourna vers lui.

- Alors ?

L'inéluctabilité de l'échec. Etait-ce cela, la réponse que Jack lui proposait ?

- J'y ai entrevu un passage sur la défaite programmée du politique… Je croyais pourtant t’avoir convaincu que…

- Tu m'as d'autant mieux convaincu que j'ai réussi à embrigader Anastasia. Et j'ai bien peur que ce ne soit pas pour mes beaux yeux…

Anastasia intervint.

- Je ne crois pas en l'amour comme vecteur de la politique. Mais c'est surtout du pouvoir comme moteur du changement, dont je doute. Et c'est peut-être parce que ton projet me semble avant tout destructeur des institutions, qu’il a finalement su me convaincre.

- Je ne suis pas sûr que…

- C’est un jeu de dupes ! Les politiques comme Jack ou Patrick veulent s’appuyer sur ton idée pour s’assurer une nouvelle crédibilité et moi je crois qu'en ayant recours aux acteurs du réseau mondial, tu arriveras au contraire à détruire complètement le peu de légitimité qui leur reste. Et qu’ainsi, tu auras contribué à crédibiliser l'anarchie comme alternative sociale.

Alors, la démocratie est-elle le pire des système à l'exception des tous les autres ou est-ce l'anarchie ?

Olivier Berthelot.

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