07 janvier 2009
Pour une année 2009 pleine de bulles et de ballons !
Je vous avais indiqué m'être engagé dans une aventure éloignée de l'écriture... En voici une première trace !

Se lancer dans le commerce culturel (est-ce antinomique ?) et viticole (est-ce synonyme, dès lors que l'on songe au manga "les gouttes de Dieu ?) en pleine crise...
C'est bien la preuve que les utopies portées par Eden-sur-Seine sont d'avenir !
Bonne Année 2009.
(c) Tous Montreuil, n° 4 26 décembre 2008 : article
(c) Félix Meynet : dessins
16 février 2008
Eden-sur-Seine, quand on commence à le lire on ne s'arrête plus !
la preuve....
Amitiés à toutes et tous et à bientôt....

25 janvier 2008
Amazon, ou l’économie de l’entrepôt. réponse au papier de Thierry Wolton dans le Monde (fin)
Cher-e-s tous,
ci-dessous la réponse promise.
Therry Wolton vole au secours,
dans le monde du 19 janvier, du Petit Poucet Amazon, contre le monstrueux et
poujadiste ogre du Syndicat de la Librairie française. En tant que lecteur,
citoyen et auteur, je souhaite soulever ici quelques-unes des interrogations
que soulève cette défense du David Amazon contre le Goliath libraire de
quartier.
Thierry Wolton a-t-il conscience
que tous les acheteurs de livres ne savent pas, à priori, ce qu’ils veulent
acheter ? Que celui qui n’a jamais feuilleté des ouvrages dans une librairie,
attiré par une couverture, par le mot du libraire, par la quatrième de
couverture, et qui, finalement sortira en ayant acheté un livre d’un auteur dont
il ne connaissait pas le nom cinq minutes auparavant, juste parce qu’une phrase
saisie au hasard, en milieu d’ouvrage, l’aura convaincu, que celui-là jette la première pierre.
On rétorquera que l’on peut
feuilleter aussi sur un site en ligne. Le croyez vous vraiment ? Essayez.
Dans une librairie, un ouvrage de faible diffusion aura ses chances, sur
Amazon, il peut être trouvé, mais à une condition : que l’acheteur sache
dès le départ que c’est cet ouvrage qu’il recherchait. La fin du hasard dans la
relation entre auteur et lecteur, est-ce là le rêve de Thierry Wolton ?
Amazon permettrait de trouver des ouvrages épuisés ? Oui, mais alors… fi, de la gratuité ! Il s’agit en effet le plus souvent d’ouvrages vendus par des tiers sur la plate-forme « Marketplace » d’Amazon, et l’envoi d’un livre y est alors facturé 2,99 € l’ouvrage… Amazon pratique la gratuité sur les seuls ouvrages dont il dispose en direct, et, non pas dans la généralité des cas, sur les ouvrages épuisés. La gratuité pour les best sellers, le paiement pour les autres… Et voir même pour les best sellers…lorsque leur prix est faible : essayez donc d’acheter « Matin Brun » de Franck Pavloff sur Amazon : cet ouvrage n’est pas épuisé, et pourtant, impossible de l’acheter sans passer par la plate-forme Marketplace et donc avec des frais de port…
Sur l’économie du livre, j’invite M. Wolton à lire l’étude du Centre National du Livre sur « la situation économique de la librairie indépendante » (mars 2007). Il y découvrira que les offices (ces livres que le libraire peut renvoyer contre remboursement à l’éditeur) ne représentent qu’une partie de son stock (moins de 40%). A l’inverse, les réassorts sont le plus souvent effectués sans droit de retour pour le libraire qui prend des risques pour assurer la diffusion d’ouvrages sortis longtemps auparavant. Risque qu’Amazon ne prend guère, lorsqu’il offre ces ouvrages via Marketplace…
Cette étude du CNL montre aussi qu’en moyenne la rentabilité des librairies représente moins de 2% de leur chiffre d’affaires. Amazon rogne peut-être sur ses marges pour concurrencer les librairies de quartier, mais les actionnaires d’Amazon visent plus probablement la sacro-sainte norme des 15%...
C’est bien plutôt par une économie de l’entrepôt qu’Amazon dégage ses marges : pas de boutiques, mais des hangars en banlieues, pas de libraires, mais des manutentionnaires, pas de lien social, mais des clics sur la toile. Des centres villes sans librairies entourés de hangars géants, c’est une vision du monde de demain. Ce n’est pas la mienne.
Olivier Berthelot
31 août 2007
A venir : mise en ligne d'une interview radio samedi prochain
Je viens de recevoir le CD sous format Mp3 de mon interview à Fréquence Protestante, une demi-heure sur Eden-sur-Seine, l'amour, la révolution et l'invention des possibles.
A écouter pour celles et ceux qui n'étaient pas à l'écoute ce jour là.
(mise en ligne sur ce blog ce week end)
Olivier
17 avril 2007
les lecteurs d'Eden-sur-Seine aident Johnny hallyday à payer moins d'impôts
Dans Eden, j'évoque une série de concerts géants autour de Peter Gabriel (voir son travail conceptuel sur Eve...) concourant à la construction de la cité idéale. L'idée n'est pas très originale, mais je vous en propose une autre ci-dessous permettant de faire plaisir au copain de Sarkozy, l'idole des jeunes sur le retours, le futur Jacques Brel (le plus français des chanteurs Belges), j'ai cité : Johnny halliday.
Qui, soyons-en sûr, ne mettrait plus les pieds, aujourd'hui, à la fête de l'Huma... Alors, vous pensez, sur la grande scène d'Eden-sur-Seine (le long du canal Saint-Denis), encore moins !
Allez, encore 5 jours et on verra si l'ami de Johnny fait autant de voix qu'on le dit.
14 janvier 2007
le BarOurcq, ou comment sortir du mythe de la boboïsation de Paris
Le 19ème arrondissement a longtemps été un des derniers carrés de la résistance du Paris ouvrier. Et puis, l'inflation immobilière du Paris central à poussé les classes moyennes et moyennes-supérieures à découvrir en elles un goût insoupçonné jusqu'alors pour les explorations en terrae incognitae. La nouvelle frontière des classes supérieures n'est pas encore le périphérique, mais très certainement le 19ème ( et le 20ème).
Et la droite parisienne de déplorer, avec un hypocrisie satisfaite, un phénomène de boboïsation de Paris.
Qu'est-ce qu'un bobo pour cette frange de la vie politique parisienne ? Une personne de classe moyenne, voir moyenne supérieure qui a le grave défaut de voter à gauche (on a jamais vu la droite parisienne déplorer l'embourgeoisement du 5ème arrondissement, par exemple...).
Donc ce que la droite dénonce lorsqu'elle parle de boboïsation, c'est l'ineptie que représente l'existence de catégories aisées votant à gauche. A ses yeux, quand on a de l'argent , on ne peut que voter à droite... parce que sinon, ça donne mauvaise conscience aux bourgeois.
D'un autre côté, une frange de la gauche de la gauche dénonce, à l'identique, l'existence d'un phénomène de boboïsation de Paris, exactement pour les même raisons, lorsque l'on y songe.
ça me fait penser à cette réplique adressée, dans Eden-sur-Seine par Gilles (des alternatifs) à Michel (vice président du Conseil Général) :
- Tu sais quoi, Michel ? Tu as typiquement la réaction d’un homme pour qui, être de gauche, n’est qu’une façon agréable d’être de droite...
- Je suis réaliste Gilles. C’est tout.
- Non, tu renonces à ton imagination, à ta volonté, c’est ça qui tue la politique. Ton réalisme, c’est la négation de l’idéal.
Il s'y déroule un certain nombre de scène dans Eden. Celle-ci par exemple :
Une semaine plus tard, au lendemain d’une nuit limpide, Absinthe alla boire un café à la terrasse du BarOurcq, petit troquet du quai de Loire. Elle devait rencontrer Jules et l’équipe de plateau aux Studios à dix heures et elle voulait s’octroyer une plage de plénitude avant de basculer dans l’aventure. Elle pressentait qu’à partir de la première minute de tournage plus rien ne serait comme avant. La terrasse était déserte. Sur leurs canots, des rameurs matinaux donnaient une illusion d’Oxford aux berges du canal. Libération titrait :
OK, ça règle pas la question du rapport entre le BarOurcq et la nécessaire sortie du mythe de la boboïsation....
Eh, bien, c'est normal, car j'inaugure ce soir un post à suivre....
A bientôt, donc !
Olivier
08 janvier 2007
Eden sur Seine, un roman politique, féministe et pornographique ?
En écrivant Eden sur Seine, je m'étais laissé allé à imaginer le bandeau rouge (rouge, forcément rouge) qui barrerait la couverture : un roman politique, féministe et pornographique. Je songeais à l'efficacité mercantile d'une alliance entre ces concepts qu'à priori tout oppose : subvertir la pornographie pour en faire un vecteur des combats féministes. Il y avait là les bases de joutes passionnées.
A l'issue incertaine.

Et puis, je me suis apperçu à l'écriture, que je n'étais pas un pornographe littéraire.
Ainsi que l'indique la quatrième de couverture, j'ai alors conservé l'idée originelle de l'utilisation de la pornographie pour porter les combats féministes, mais en la plaçant sous un angle essentiellement sémantique.
Comme l'évoque Eléonore alors qu'elle participe au casting du film d'Absinthe : " (...) Rappeler que la seule pornographie est sémantique. J’utilise des mots. Je décris des situations. La crudité des paroles est plus créatrice que la nudité des corps. J’ai peur. J’ai rencontré un homme qui croit au paradis"
Et Absinthe de préciser lors de sa conférence de presse :
- "Ce que je veux dire c’est que si la pornographie est une atteinte à la dignité, alors elle est une atteinte à la dignité des êtres humains, qu’ils soient femmes ou hommes. Or, je ne crois pas que la pornographie soit une atteinte à la dignité de l’espèce humaine. Qu’est-ce que la pornographie ? La présentation complaisante d’organes et/ou de pratiques sexuelles solitaires ou groupées. So what ? Ne sommes nous pas des animaux faits de chair et de sang ? Pourquoi notre dignité serait-elle bafouée par la représentation des mille et unes facettes de notre corps ? Pourquoi la description de la beauté lumineuse d’un regard, d’une épaule nue, d’une main ciselée, serait-elle plus digne que celle du liseré soyeux d’un sein ou des ravines d’une verge ?"
Celles et ceux d'entre vous qui auront la curiosité de vivre l'histoire de Gabriel Eiffel, Abstinthe V, Jack Ralite, Patrick Braouezec et Clémentine Autain, y verront que, si l'on peut transformer une inquiétude sentimentale en combat politique, l'emmêlement des chairs est aussi porteuse d'utopie.
Reste à déterminer si un roman politique, féministe et pornographique peut aussi être un roman d'amour ?
La réponse est page 235.
Olivier.
29 décembre 2006
Nespresso ou la phase ultime du capitalisme
Alors, oui, bien sûr,Georges Clooney n'est pas sans rappeler à certaines (et certains) d'entre nous quelques fantasmes d'adolescence où un certain 007 se battait pour le monde libre....
Mais la liberté, c'est un concept qui ne peut prendre sa véritable saveur, qu'à certaines conditions. Et la première est encore de pouvoir en profiter.
Je ne cherche pas là à renvoyer au débat entre libertés formelles et libertés réelles, mais songeons-y : le Nespresso est-il vraiment un facteur de liberté ou plutôt d'asservissement ?
Je crois avoir le choix, (ne m'offre t on pas un choix entre des dizaines de saveurs différentes), et pourtant, ce choix, à bien y réfléchir, est un asservissement.
On peut d'abord songer au thème de la contrainte:
Ce choix que l'on me propose, c'est un choix marginal. Ma liberté d'action, mon libre arbitre, je vais l'exercer dans un univers contraint : celui choisis par les concepteurs et producteur de Nespresso: seuls les parfums de café proposés par Nespresso me sont offerts au choix et seulement ceux-ci.
Et ne me dites pas que la concurrence joue à plein. Nestlé est certes une entreprise capitaliste. Mais comme la plupart de ses consoeurs, elle a bien compris que ce qu'il y avait de meilleurs dans le capitalisme, ce n'est pas la concurrence libre et non faussée chère aux défenseurs de l'Europe libérale (voir le débat sur la constitution européenne), mais bien, plutôt, le monopole, ou , à défaut, l'oligopole.
Et d'ailleurs, essayez de mettre une capsule de Senseo, dans votre Nespresso : ça ne marche pas...
Mais au delà de cet assujettissement aux goûts des producteurs de Nespresso, une autre interrogation m'interpelle :
c'est vrai que c'est joli, un mur de capsule Nespresso...
C'est vraiment joli.
Mais quand on y pense, elles finissent où ces jolies capsules ?
à la Poubelle !
(et ce n'est pas le système de recyclage mis en place par Nespresso qui y changera grand chose : je serai curieux de savoir combien de consommateurs de Nespresso, renvoient, effectivement, au recyclage leurs belles petites capsules...)
Alors, plutôt que de signer la charte de M. Hulot, en sachant très bien, qu'ils l'oublieront aussitôt élus, ne devrait-on pas, plutôt, demander à nos élus, d'interdire, au nom du principe de la sauvegarde de l'environnement, ce type de produit, qui n'apporte pas grand chose au plaisir d'être un humain, mais contribue très certainement à la dégradation à moyen terme de la condition humaine ?