eden-sur-seine

...transformer une inquiétude sentimentale en combat politique... organiser une grève mondiale des femmes en produisant un film pornographique ! Eden-sur-Seine, roman d'amour, politique, féministe et utopiste. Olivier Berthelot éditions punctum 2007

10 février 2007

La Saint-Valentin, Libé et le carnet du jour.

Les spécialistes du marketing évoquent dans leurs cours la tendance irrépressible vers l’embourgeoisement de tout concept marketing initialement basé sur la simplicité. Prenez par exemple les magasins ED. En 1981, c’était « Ed, l’épicier révolutionnaire » et il ne diffusait aucune marque (ou presque). Puis, au fil des années, il a gommé le mot révolutionnaire pour se cantonner à ‘l’épicerie’, et a multiplié les produits de marques dans ses rayonnages. Dans le même temps, les produits qui étaient mis à la disposition des consommateurs à même leur carton d’emballage, sont allés se nicher dans des gondoles chaque jour un peu plus luxueuses.

 Il en est un peu de même pour les journaux.

Prenez  logo_lib_, par exemple. C’est, en quelque sorte, un des héros d’Eden-sur-Seine au même titre que Patrick Braouezec ou Brigitte Lahaie.

Lisons cet extrait d’Eden :

 Gabriel ne lisait Libération que par intermittence. Sans revenir à l’époque de Jean-Paul Sartre où le journal se distinguait par un fonctionnement coopératif et un activisme politique avant-gardiste, il regrettait l’évolution sociale-libérale du quotidien. Deux changements apparemment anodins l’avaient marqué : la fin des petites annonces libérées au milieu des années 80, l’apparition à la fin des années 90 d’une rubrique mariage, décès, Pacs. Son quotidien était devenu une institution.

 La première fois que j’ai vu la rubrique « mariages, décès, pacs, » dans Libé (ça a commencé par les seuls mariages, le Pacs n’existant pas encore), j’ai vraiment cru que je m’étais trompé de journal, et que j’avais acheté le Figaro par mégarde (voir le Monde, mais, il faudrait y réfléchir, on annonce plutôt son mariage dans le Figaro et « son » décès dans le Monde…enfin…).

Donc pour en revenir aux cours de marketing de l’université de Paris I, l’évolution de Libération est un peu identique à celle de ‘Ed, l’épicier révolutionnaire’ : Libé à commencé sous forme de Scop anti système pour devenir aujourd’hui un des acteurs les plus efficaces des évènements marketing institutionnalisés. Les annonces de naissances, mariages décès sont entrecoupées une fois par an par le festival de l’amour en kiosque : les annonces spéciales Saint-Valentin. Hier laïque libertaire, Libé semble aujourd’hui confessionnel capitaliste.

Est-ce un drame ? J’y reviendrai.

Olivier Berthelot

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